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Kumano-Kodo

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Après cela, nous partîmes donc quelques jours en vacances, et il n’y avait qu’un chemin de pèlerinage pour nous remettre de tant d’émotion: Des pavets entre les arbres, perdus dans la foret, des marches a n’en plus finir, et des temples shinto perchés dans des endroits improbables. Le chemin de pèlerinage de Kumano-Kodo est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, sans toutefois être envahi par les touristes comme peut l’être le mont Fuji.

On a commencé le séjour par un Ryokan (hotel) sur une île au sud de la péninsule de Kii. En chemin on s’est arrêté dans un restaurant de pêcheurs pour dépiauter une branchie grillée de thon. Et je n’aurai pas peur d’avouer ici que j’ai été toute ma vie passée honteusement trompé par des boites de conserve quant à la taille d’un thon. Le spécimen exhibé sur le quai faisait plus de deux mètres (et était aussi bien meilleur en sashimi qu’une boite de thon a l’huile, même fraichement ouverte).

Donc après cette petite halte poissonnière à se balader dans un bateau ridicule, nous nous sommes attaqués à la montagne. Quatre jours de ballades à combiner des flans de montagnes à monter plus qu’à ne descendre, des temples, mais aussi des sources chaudes pour reposer nos corps endoloris.

Plus de photos visibles ici.

Semaine de vacances

Ces derniers mois avaient été rudes. La température, le travail et ses horaires, et puis aussi sans doute le creux de la vague, qui arrivent souvent lorsque que l’on tente une expatriation dans le genre de celle-ci. Du coup j’avais amplement mérité 1) mon silence monastique de ces derniers temps, et 2) des vacances. Une semaine entière, ça ne se gaspille pas, et c’est autour de la mer intérieure du pays que je me suis dirigé.

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L’album Picasa contient beaucoup trop de photos, donc ne dites pas que je ne vous ai pas prévenu.

Miyagima et Hiroshima
Je ne peux décidément pas dormir dans les bus de nuit. Donc l’arrivée à Hiroshima a été un peu flou et barbouillé. Mais Miyajima et la prestance du temple m’ont requinqué. Certes il n’avait pas les pieds tout à fait dans l’eau, inaccessible aux badauds, mais la taille du Tori (grande porte, cadre, le truc rouge/orange sur les photos) est impressionant. Les deux pieds semblent des troncs qui se trouveraient là dans le but naturel de se transformer en symbole religieux.
Hiroshima, par manque de temps, s’est limité à la visite de rigueur des reliques de la guerre. Bien que pas très motivé pour le musée commémoratif, j’ai pu apprécié l’angle d’approche sur les raisons politique du bombardement, et je suis parti très vite devant les artefacts de 1945 (j’avais un train à prendre).

Matsuyama, arrivée sur l’ile de Shikoku.
Une nuit escale plus tard, le bus nous fait traverser Seto (la mer intérieure), et le chateau de Matsuyama ainsi que les bains d’eaux thermales de Dogo Onsen nous accueillent. Premier chateau japonais que je visite, dans un état imppecable. Quand aux bains de la maison Honkan, ils sont parfaits. Deux salles de bains differentes, anciennement pour la foule ou pour la maison impériale, et une salle de détente privée dans cette batisse de trois étages.

La rivière Shimanto.
L’estuaire à Nakamura est notre prochaine escale. La ville est bien plus petite que je n’imaginais. La rivière a plus d’attrait pour le calme qu’elle offre et pour l’amabilité du japonais qui nous la fait remonter pendant une petite heure. Il n’attrape pas de crevette devant nous, mais les quelques unes qui sont déjà sur le grill embaument et sont délicieuse.

Kochi et Yosakoi festival.
Après-midi chargée pendant laquelle il faut rejoindre Kochi par le train, faire un tour du festival et de la ville avant de repartir pour Tokushima. Il avait en fait été impossible de trouver un endroit où dormir à Kochi, parce que le festival de danse est l’un des plus important du japon, et plus d’un millier de groupes venant de tous le Japon y participent. Alors on arpente les rues où les troupes défilent, et on les regarde danser, aux bruits des castagnettes qui donnent le rythme à la ville pour trois jours entiers.

Tokushima, flop à Naruto, et Awa-Odori.
Tokushima est la ville la plus proche de Naruto, un tourbillon naturel sur les côtes de l’île. Alors deux heures pour rejoindre la mer, un ferry-mouche pour approcher de l’attraction maritime, pour finalement ne se trouver que face à des remous sous pretexte que ce n’est pas l’heure. On ne se démonte pas, et on rejoint vite Tokushima pour plonger encore parmis les danseurs. Je préfère bien plus ce festival à celui de Kochi, et ce n’est pas seulement pour l’absence de castagnette. Les danseuses portent un chapeau de paille en demi-cercle, et dansent les mains vers le ciel, ce qui allonge doublement leur silhouette. Les hommes pour leur part portent un tissu sur le crane et sont recrocvillés dans leur danse, ce qui accentue le contraste. Et puis ils sont accompagnés par les flutes, shamisen (luth), tambours et autres percussions. Les danseuses chantent d’une voix très aigues mais loin d’être désagréable. Et une fois encore, c’est toute la ville qui vit le festival, en particulier à partir de 18h quand toutes les troupes commencent à défiler par centaines. Il faut pourtant sauter dans le train pour quitter Shikoku et rejoindre la dernière destination des vacances.

Kurashiki, le quartier traditionel et le musée Ohara.
Je n’ai jamais été prolifique en détails sur mes précédents séjours touristiques (ça viendra peut-être), mais Kurashiki est à ce jour ma ville préférée pour le coté traditionel du Japon. Comparé à Kyoto, il manque les touristes, même si ils restent inévitables dans certaines rues aux abords du musée. Donc on peut se ballader tranquillement le matin ou à partir de 17h sans croiser autre chose que des chats, et les maisons sont tout simplement d’un autre temps. Pour ajouter au charme, le petit déjeuné s’est fait dans un café très agréable et chaleureux, remplis d’objets charmants et éclectiques, avec la patronne venant faire la conversation, parler de la ville, des objets en bois qu’elle grave et peint à la lacque. C’est le confort de l’endroit qui repose avant tout, et colle si bien avec l’atmosphère des rues aux alentours.
Le musée Ohara vaut le détour, parce qu’il n’a rien d’un musée de campagne. Les plus grands noms de l’impressionisme et des contemporains y sont. L’Annonciation d’El Greco y est également. Ouvert en 1930, le musée s’est aggrandi depuis, et s’est ouvert aux arts traditionnels japonais (avec une partie majeure consacré aux impressions sur bois de Munakata Shiko) et aux peintre japonais d’influences occidentales ou contemporains.

Finalement, un très bon séjour qui m’a reposé et a renforcé l’image que j’avais de la culture japonaise. De nouveau en forme, je suis bien reparti pour les prochains mois à venir à Tokyo.

En attendant que ça se tasse

Eh bien voilà, trois semaines après, il a fallu se remettre au travail, et enfiler à nouveau le tablier. Sagement, j’observe le maitre japonais dans l’art de préparer la décoction, le masque sagement en place pour se protéger des milles dangers invisibles qui rodent, et sans doute aussi pour eviter les vapeurs parfumée qui émanent du marc.

Quand je serai grand, je serai torréfacteur. Pour le prestige de l’uniforme sans doute.