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Omikoshi : Passing Shrines

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Alors que je me demandais ce que je pourrais bien vous raconter prochainement, parvint de la rue le bruit des tambours et de la foule qui arpentaient l’asphalte. J’abandonne le peu de travail dominical dans lequel je n’arrivais pas à m’absorber, et je tombe en me penchant sur ces enfants et adultes qui portent sur leurs épaules des petits temples portables, et empruntent la rue dans une longue procession.

Leur course, je ne la connais pas très bien. J’ai bien essayé de les retrouver une fois sortie de l’appartement, mais les tambours était déjà loin. Je m’attendais à les voir finir leur chemin dans la cour d’un temple, mangeant des poissons grillés en guise de snack. Mais plutôt que l’un des trois temples de la rue voisine, ils se sont arrêtées devant une maison tout a fait normale; banale même, dont le garage était reconverti temporairement en autel (avec ce qu’il faut de décorum tout de même). Un prêtre officiait pour le groupe d’une procession. Dans la rue, appuyé contre le mur d’en face ou contre les temples poses sur des tréteaux, un autre groupe attendait, ainsi que deux femmes portant des plateaux de verres de saké dédiés à la bonne conduite de la ceremonie. Je ne me suis pas permis de prendre des photos, mais tant de monde et de cérémonial, dans ce garage devant lequel je passais avant tous les jours pour aller travail, ça créait du décalage.

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Design Expo

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Il y a quelques semaines de cela a eu lieu l’exposition Good Design a Tokyo, de quoi voir un peu ce que le design japonais pouvait signifier.

Il étai déjà impressionnant d’arriver au lieu de l’exposition, Tokyo Big Sight, sorte de pyramide retournée. La superposition dans la capitale de tous les types d’architectures, modernes, traditionnels, occidentaux, ou même quelconques, donne une image de la ville très désordonnée. Le renouvellement rapide des bâtiments depuis le début du XXème siècle a aidé à la réalisation de ce patchwork géant, et dans l’imaginaire occidental, il n’y a eu que le film de Ridley Scott, Blade Runner, pour laisser imaginer une ville comme celle ci. Ajoutez y les parapluies jetables, les modes vestimentaires les plus opposées, parfois aux bords de l’indécence (du costume standard de white collar en pleine canicule aux porte-jarretelles apparent sous la mini-jupe), et le mélange d’annonces publicitaires dans une multitude de langues et d’alphabets (trois pour le japonais, le romain pour l’anglais et le français, un autre pour le coréen), pour qu’après une ballade nocturne il soit possible de s’imaginer dans la ville de culture mondiale dépeinte dans le film futuriste. Et devant la pyramide moderne de Tokyo, difficile de ne pas faire une nouvelle fois la comparaison.

Une fois passe cet émerveillement de geek, on peut se consacrer a l’exposition de design en elle même. Je vous passerais les inévitables objets du quotidien dont le mot d’ordre a été l’application du silicone pour remplir vos placards de cuisine, ou des LEDs pour réduire la consommation d’énergie. Il y a aussi les nombreuses innovations de l’électronique, avec les micro-projecteurs intégrés dans l’appareil photo (pour quand la météo de Quimper vous immobilise dans un gite avec un jeu de 51 cartes comme seule occupation possible), ou les innombrables accessoires pour iPhone (pour que même les plus rebelles des break-danseurs puissent être comme tous le monde).

Il était plus intéressant pour moi de voir comment le design tente de changer les objets traditionnels japonais pour y apporter un peu plus de confort moderne. Vous aimez vous relaxer en vous allongeant sur un tatami, et sentir a plein poumon l’odeur du jonc ? Même si votre appartement en banlieue n’offre qu’un lino usé, vous pouvez adopter le fauteuil et repose-pied fabriqué en tatami ! Dans la même idée, j’ai déjà eu bien des problèmes a boire du saké dans un masu, gobelet en bois de forme cubique, qui doit certainement être très bien pour mesurer le riz, mais qui, plein de liqueur de la même graine, fuit et n’offre que des angles agressifs impropre a la consommation modérée. Proposer le même gobelet dans une forme triangulaire résout à la fois le problème de la consommation, et du stockage moins encombrant également.

Un café classique

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On avait eu l’information en feuilletant dans une librairie un guide des cafés de la ville. Un café datant de 1926 joue à ses clients de la musique classique dans une ambiance monastique. On ne vient pas ici pour discuter, et les téléphones ne sont pas autorisés. Je savais qu’il y avait eu beaucoup de kissaten à Tokyo dans les années 60, cafés pour écouter collectivement les rares vinyles de jazz qui arrivent dans la péninsule. L’un des survivant se trouve même sur mon chemin quand je rentre de l’école. Mais des cafés où l’on écoute religieusement de la musique classique, ça valait le détour. Détour atypique plutôt deux fois qu’une, puisque ライオン (Lion, le nom de l’endroit, écrit/prononcé en japonais ; on y reviendra…) se trouve dans le quartier de Shibuya (avec sa foule qui se donne rendez-vous au pied du chien pour aller au karaoké), mais en plus dans une rue « mal famée » de ce quartier, où les filles de joies sont assez folles pour attendre le client directement dans la rue !

En bons mélomanes que nous sommes, le crocodile et moi passons derrière le centre d’information pour dépravés sexuels, et atterrissons devant le café sur le point de fermer. Moins de client que de serveuses habillées en domestiques (c’est décidemment une mode dans les café ici), j’arrive à voler discretement deux clichés qui ne donneront pas beaucoup d’indication sur l’atmosphere, alors qu’une composition de Grieg se finit.

Une fois le café fermé, il ne faut faire que deux pas pour se retrouver dans un autre bar de la rue lui aussi bloqué dans le temps, dans l’amérique de Woodstock, et c’est une transition douce vers la réalité.

La délicatesse dans le recyclage

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J’avais envie de titrer un truc du genre Ce que les écologistes ont à apprendre du Japon, et puis je me suis ravisé, imaginant tout de suite les harangues colériques sur les pollutions inconsidérées de ces derniers jours. En tout cas, cette petite attention pour l’emballage, elle n’est pas exceptionnelle, et reflète même une tendance bien générale. D’autres exemples à suivre sans doute.

Au commencement était une île

Pas d’image cette fois ci, mais une histoire. Dans le livre sur la culture japonaise que je suis en train de lire, l’auteur décrit la création du monde telle qu’elle était perçue au commencement du Japon. Une traduction libre et approximative, pleine d’erreurs de traduction, donnerait à peu près cela :

Après que le Ciel et la Terre furent créés du Chaos, virent le jours les Dieux, sept générations, dont le Dieu Izanagi et la Déesse Izanami furent les descendants. Tous deux créèrent une île et descendirent du Ciel pour y vivre. Ils se marièrent, et Izanami donna naissance aux îles du Japon, à la mer, ainsi qu’aux rivières, montagnes et arbres. Après s’être consultés, ils produisirent Ama-terasu-o-mi-Kami (la grande Déesse du Ciel rayonnant), dont la lueur était si importante et portait si loin qu’ils l’envoyèrent au Ciel. Ils créèrent aussi le Dieu Lune, qui fut aussi envoyé au ciel pour régner aussi avec la Déesse Soleil.

Le suivant enfant s’appelait Susa-no-wo, une déité cruelle et terrifiante, passant son temps à se plaindre et à gémir. Il mena plusieurs personnes à leurs pertes et détruisa plusieurs des montagnes emboisées. Ses parents l’envoyèrent alors régner sur le territoire des Ténèbres. Enfin, Izanami donna naissance au Dieu du feu, qui l’embrasa et la tua. De ses restes et des larmes de son mari naquirent de nombreuses autres dieux. […]

En mourant, Izanami alla au territoire de Ténèbres, appelé Yomi, et Izanagi la suivi pour l’y retrouver. Il était déjà trop tard, la Déesse ayant déjà commencé à dépérir. Pris en horreur, Izanagi s’échappa de ce monde de mort et de corruption. Après bien des aventures aux territoire des Ténèbres, il voulu se purifier en prenant un bain dans la mer. A ce point, il ne réapparaitra plus dans le mythe. Il a été dit qu’il s’est réfugié à jamais dans le silence et la réclusion, ou qu’il s’éleva au Ciel, mais il ne sera plus question de lui, le mythe se centrant maintenant sur la Déesse du Soleil, le dieux de la Tempête, Ama-Terasu-o-mi-Kami, ainsi que sur son frère Susa-no-wo.

G. B. Sansom, Japan, A short cultural history (revised edition), Tuttle Publishing.

No picture this time, but a story. In the book I’m currently reading, the author describe the creation of the world as the primitive mythology of Japanese ancestor was presenting it. As I think it is quite interesting, I make a brief copy of it here :

After heaven and Earth were formed from Chaos, gods were produced, seven generations, ending with the god Izanagi and the goddess Izanami, who founded an island in the ocean and descended from Heaven to dwell thereon. They married, and Izanami gave birth to the islands of Japan, to the sea, to the rivers, mountains and trees. Then they consulted together, and produced Ama-terasu-o-mi-Kami, the Heaven-Shining-Great-Deity, whose lustre was so great and far reaching that they sent her up to Heaven. Then they produced the Moon God, and he also was sent to Heaven to share in the government with the Sun Goddess.

Their next child was called Susa-no-wo, a fierce, cruel deity, for ever weeping and wailing. He brought many people to an untimely end, and laid waste green mountains. So his parents sent him to rule the Nether Land of Darkness. Then Izamani gave birth to the Fire God, who burned her so that she died, and as she died there were born from her excreta and from the tears of her husband many other gods. […]

When Izanami died she went to the Land of Darkness, called Yomi; and Izanagi followed her. But it was too late, for she had begun to decay and putrefy, so that Izanagi was overcome with horror, and fled from the sight of death and corruption. Escaping after many adventures from the Land of Darkness, his first care was to purify himself by bathing in the sea. Here, abruptly, Izanagi vanishes from the myth. In one account he is said to have dwelt for ever after in silence and concealment, in another to have ascended to Heaven; but we hear no more of him, and the mythical narrative now takes up the tales of the Sun Goddess and the Storm God, Ama-Terasu-o-mi-Kami and her brother Susa-no-wo.

G. B. Sansom, Japan, A short cultural history (revised edition), Tuttle Publishing.