Au carrefour Hachiko, et de quoi s’en remettre

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Oui, je n’avais pas parlé du chien avant, et c’est vrai que la dessus j’ai un peu péché. Parce que si je me dois de vous présenter un peu Tokyo, je dois parler aussi de ses endroits et personnages emblématiques. Or, à Shibuya, l’un des quartiers phares de la vie diurne et nocturne de la capitale, se trouve Hachiko, le chien qui attendit jours après jours son maitre à la gare du quartier alors que celui-ci était mort sans prévenir. L’image du chien n’est pas représentative : c’est la première fois que je le vois affublé d’une écharpe à la commémoration indéchiffrable, et il était improbable que le jour de ma séance photo il y ai le drapeau national dans la brise du soir. Mais bon, c’est ainsi, et dans son allure  fière, le chien attend toujours son maitre parmi la foule. Et quelle foule. Le premier rendez-vous que l’on m’avait donné à Shibuya était bien évidemment au pied du chien, et j’ai mis 5 minutes à l’atteindre. (Nota Bene, comme il y a une fresque représentant des chiens sur le mur d’en face, et beaucoup moins de monde à poireauter devant, j’avais réussi à arriver en retard tout en étant à 20 m du clébard de bronze).

Shibuya, sinon, c’est ce grand carrefour que l’on a tous vu de jour ou de nuit en photo, montrant la foule japonaise envahir le bitume en se souciant bien peu de la direction des passages piétons. Cette place est impressionnante parce que la foule y est tout le temps. Je me rappelle ma grande déception le jour de la saint Patrick à New York l’année dernière, lors qu’à 11h du soir le crocodile et moi n’avions pas pu trouver un seul bar autour de Time Square avec un minimum d’ambiance. Le flop complet, alors que les séries télé m’avaient toujours laissées croire que les trois quarts des flics de la ville était irlandais (surtout ceux qu’on enterrait)… Bref, je veux bien que l’on m’affirme le contraire, mais Manhattan me parait bien morne en comparaison avec des quartiers comme celui-ci à Tokyo.

Personnellement, après quinze minutes dans la foule, l’envie de chanter en groupe dans un karaoké ne me prenant pas, je m’ennuie déjà un peu, et je m’empresse de retrouve Myoko, une japonaise de ma connaissance, pour une soirée plus calme dans un bar a Kagurazaka. On trouve à Tokyo tout une catégorie de bar à cocktails constitués la plupart du temps d’un comptoir pour une demi douzaine de client, et d’une table à l’écart si la salle est assez grande. Depuis la hollande et une série sur le Jazz à New-Orleans, le seul cocktail auquel je puisse penser fasse au barman, c’est le Sazerac. L’un des plus vieux cocktails qui existent, à base de Bourbon, de Bitter, d’Absinthe, et de sirop de sucre. Même dans les bars comme celui ci, personne ne connait, mais le barman de cette enseigne est assez curieux et amoureux de son art. La veille, alors que Myoko lui demandait justement si il connaissait ce breuvage de la Nouvelle Orléans, le barman fait quelques recherches pour trouver la recette, sort les bouteilles nécessaires de ses étagères, bricole un ersatz de Bitter avec du Campari et un autre alcool, et sert à la jeune japonaise son premier essai. La fille n’y connait rien, et pour tout dire n’aime pas le whisky. Donc il faut remettre au lendemain (puisque la veille j’étais ailleurs). Entre temps, le patron a fait des recherches, et quand il me prépare le Sazerac, je vois bien que l’on ai déjà plus près de ce que je connaissais du cocktail, même de manière indirecte. Le parfum de l’absinthe ressort bien et se mélange à celui du zeste de citron. Quand au cocktail, il est très bien. Mon premier Sazerac au Japon, et il y en aura bien d’autre je pense.

Le verre finit, il nous faut s’éclipser, parce que l’endroit est tout de même encore moins bon marché que l’on pourrait l’espérer. On se réfugie pas très loin de chez moi dans bar de Maï (le nom du patron). C’est comme ça que l’on me l’a présenté, et je ne suis même pas sur de son vrai nom (au bar). En tout cas c’est une ambiance que j’aime beaucoup, où les vinyles par centaines se mélangent à toutes sortes de décorations bizarres, bibelots excentriques et objets de collections. Autour de nous, les discussions tranquilles des japonais du quartiers, à milles lieux des stéréotypes en mini-jupes, porte-jarretelles apparents et faux-ongles démesurés que l’on croise à Shibuya.

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12 responses to “Au carrefour Hachiko, et de quoi s’en remettre”

  1. Pablo says :

    Ah, the Sazerac… Best cocktail in the entire world, period. Indeed, that was my souvenir from New Orleans: Peychaud Bitters, Herbsaint (Absynth replacement, minus the crazy component) and Old Overholt rye. I still have the first two, the other is long gone but easily replaceable.

  2. Pablo says :

    Oh, I forgot to ask: did they shake yours? It looks quite frothy… I found some time ago this recipe where they swear against shaking: « Add ice and stir gently for about 30 seconds (and for God’s sake don’t shake it — you don’t want a frothy Sazerac) », and that’s how I make mine.

    BTW, did you get to try some of that very appealing 17-yo Japanese distilled-grain-goodness that appears on one of the pictures?

  3. Boulouc says :

    It’s thanks to you I’m on this quest for this beuverage here… The bartender ordered the bitter and the rye (after Myoko’s first visit), and there are pretty tough to find in Japan apparently. It was good anyway to get back a taste of it. I’m still want to try one directly in New Orleans.

  4. Boulouc says :

    Thanks for the recipe. He shaked it. It was an unexpected evening and I couldn’t check any recipes beforehand.
    For the whisky, I didn’t try this one yet. There is a lot in Japan, and sadly to few people around me to appreciate it…

  5. Godnat says :

    Bon, je commence des cours d’anglais demain, ça me donne encore plus envie d’y aller maintenant si en plus tu as des commentaires en anglais.
    L’absinthe voyage bien loin, vive la Franche-Comté ! Tes photos sont très jolies. Et un bain de foule pareil, très peu pour moi, je ne peux plus. De gros bisous.

  6. Boulouc says :

    Ben oui, il faut se mettre a l’anglais, on ne sait jamais dans quel pays tu devras me rendre visite.
    Même si il y a des endroits comme Shibuya qui sont très peuples, il est facile en général d’éviter les bains de foules. Mais c’est un compromis sur les visites…

  7. Catherine Goux says :

    Très belles photos et excellent billet. On s’y croirait !

  8. Rossi says :

    Je suis impressionnée comment tu deviens u´n si bon écrivain…Félicitation…Bises from Brasil

  9. Boulouc says :

    C’est parce que je m’applique pour vous garder comme lecteurs. Content de savoir que je m’exporte de l’autre cote du globe.
    Bises

  10. Mariev says :

    Je viens de me délecter de tes derniers billets, avec un retard incalculable, et constate, dépitée … que tu n’écris plus. Pourtant ton style et tes photographies ont un sacré goût de reviens-z-y!
    signé : mariev, survivante du Bronx 😉

  11. mariev says :

    euh …. ce serait bien que mon email n’apparaisse pas, j’m’ai tout mélangé! Tu peux corriger ça, s’il te plaît!!?

  12. Boulouc says :

    Salut,
    Bien surpris de revoir WordPress surgir d’outre-tombe, apres tant de mois d’absence… Je suis tres absent dernierement de tout phenomene social internetise, mais il n’est pas impossible que ma plume ressurgisse. Si a l’occasion tu repasses par ici… ou je ferais des grands signes des que quelques choses apparaitra.
    Biz
    PS: tu as pu goute le sazerac depuis Noel dernier ?

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