Archive | septembre 2011

Design Expo

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Il y a quelques semaines de cela a eu lieu l’exposition Good Design a Tokyo, de quoi voir un peu ce que le design japonais pouvait signifier.

Il étai déjà impressionnant d’arriver au lieu de l’exposition, Tokyo Big Sight, sorte de pyramide retournée. La superposition dans la capitale de tous les types d’architectures, modernes, traditionnels, occidentaux, ou même quelconques, donne une image de la ville très désordonnée. Le renouvellement rapide des bâtiments depuis le début du XXème siècle a aidé à la réalisation de ce patchwork géant, et dans l’imaginaire occidental, il n’y a eu que le film de Ridley Scott, Blade Runner, pour laisser imaginer une ville comme celle ci. Ajoutez y les parapluies jetables, les modes vestimentaires les plus opposées, parfois aux bords de l’indécence (du costume standard de white collar en pleine canicule aux porte-jarretelles apparent sous la mini-jupe), et le mélange d’annonces publicitaires dans une multitude de langues et d’alphabets (trois pour le japonais, le romain pour l’anglais et le français, un autre pour le coréen), pour qu’après une ballade nocturne il soit possible de s’imaginer dans la ville de culture mondiale dépeinte dans le film futuriste. Et devant la pyramide moderne de Tokyo, difficile de ne pas faire une nouvelle fois la comparaison.

Une fois passe cet émerveillement de geek, on peut se consacrer a l’exposition de design en elle même. Je vous passerais les inévitables objets du quotidien dont le mot d’ordre a été l’application du silicone pour remplir vos placards de cuisine, ou des LEDs pour réduire la consommation d’énergie. Il y a aussi les nombreuses innovations de l’électronique, avec les micro-projecteurs intégrés dans l’appareil photo (pour quand la météo de Quimper vous immobilise dans un gite avec un jeu de 51 cartes comme seule occupation possible), ou les innombrables accessoires pour iPhone (pour que même les plus rebelles des break-danseurs puissent être comme tous le monde).

Il était plus intéressant pour moi de voir comment le design tente de changer les objets traditionnels japonais pour y apporter un peu plus de confort moderne. Vous aimez vous relaxer en vous allongeant sur un tatami, et sentir a plein poumon l’odeur du jonc ? Même si votre appartement en banlieue n’offre qu’un lino usé, vous pouvez adopter le fauteuil et repose-pied fabriqué en tatami ! Dans la même idée, j’ai déjà eu bien des problèmes a boire du saké dans un masu, gobelet en bois de forme cubique, qui doit certainement être très bien pour mesurer le riz, mais qui, plein de liqueur de la même graine, fuit et n’offre que des angles agressifs impropre a la consommation modérée. Proposer le même gobelet dans une forme triangulaire résout à la fois le problème de la consommation, et du stockage moins encombrant également.

Le Grand Bouddha de Kamakura

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Le week-end dernier a été allongé du Lundi férié, et j’en ai profité pour glander proprement sur Tokyo (comme d’habitude), tout en faisant une légère escapade à Kamakura dans les alentours de la capitale. Cette ville possède tout ce qu’il faut pour l’évasion des plébéiens, avec de nombreux temples aux intérieurs très riches et variés, coincés entre des montagnes, la foret et la mer. Le grand Bouddha de bronze à ciel ouvert reste le plus intéressant site de la ville, surpris dans la montagne en pleine méditation.

Sur ce, je n’en dirais pas plus, tout simplement parce que je n’en sais pas plus…

Au carrefour Hachiko, et de quoi s’en remettre

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Oui, je n’avais pas parlé du chien avant, et c’est vrai que la dessus j’ai un peu péché. Parce que si je me dois de vous présenter un peu Tokyo, je dois parler aussi de ses endroits et personnages emblématiques. Or, à Shibuya, l’un des quartiers phares de la vie diurne et nocturne de la capitale, se trouve Hachiko, le chien qui attendit jours après jours son maitre à la gare du quartier alors que celui-ci était mort sans prévenir. L’image du chien n’est pas représentative : c’est la première fois que je le vois affublé d’une écharpe à la commémoration indéchiffrable, et il était improbable que le jour de ma séance photo il y ai le drapeau national dans la brise du soir. Mais bon, c’est ainsi, et dans son allure  fière, le chien attend toujours son maitre parmi la foule. Et quelle foule. Le premier rendez-vous que l’on m’avait donné à Shibuya était bien évidemment au pied du chien, et j’ai mis 5 minutes à l’atteindre. (Nota Bene, comme il y a une fresque représentant des chiens sur le mur d’en face, et beaucoup moins de monde à poireauter devant, j’avais réussi à arriver en retard tout en étant à 20 m du clébard de bronze).

Shibuya, sinon, c’est ce grand carrefour que l’on a tous vu de jour ou de nuit en photo, montrant la foule japonaise envahir le bitume en se souciant bien peu de la direction des passages piétons. Cette place est impressionnante parce que la foule y est tout le temps. Je me rappelle ma grande déception le jour de la saint Patrick à New York l’année dernière, lors qu’à 11h du soir le crocodile et moi n’avions pas pu trouver un seul bar autour de Time Square avec un minimum d’ambiance. Le flop complet, alors que les séries télé m’avaient toujours laissées croire que les trois quarts des flics de la ville était irlandais (surtout ceux qu’on enterrait)… Bref, je veux bien que l’on m’affirme le contraire, mais Manhattan me parait bien morne en comparaison avec des quartiers comme celui-ci à Tokyo.

Personnellement, après quinze minutes dans la foule, l’envie de chanter en groupe dans un karaoké ne me prenant pas, je m’ennuie déjà un peu, et je m’empresse de retrouve Myoko, une japonaise de ma connaissance, pour une soirée plus calme dans un bar a Kagurazaka. On trouve à Tokyo tout une catégorie de bar à cocktails constitués la plupart du temps d’un comptoir pour une demi douzaine de client, et d’une table à l’écart si la salle est assez grande. Depuis la hollande et une série sur le Jazz à New-Orleans, le seul cocktail auquel je puisse penser fasse au barman, c’est le Sazerac. L’un des plus vieux cocktails qui existent, à base de Bourbon, de Bitter, d’Absinthe, et de sirop de sucre. Même dans les bars comme celui ci, personne ne connait, mais le barman de cette enseigne est assez curieux et amoureux de son art. La veille, alors que Myoko lui demandait justement si il connaissait ce breuvage de la Nouvelle Orléans, le barman fait quelques recherches pour trouver la recette, sort les bouteilles nécessaires de ses étagères, bricole un ersatz de Bitter avec du Campari et un autre alcool, et sert à la jeune japonaise son premier essai. La fille n’y connait rien, et pour tout dire n’aime pas le whisky. Donc il faut remettre au lendemain (puisque la veille j’étais ailleurs). Entre temps, le patron a fait des recherches, et quand il me prépare le Sazerac, je vois bien que l’on ai déjà plus près de ce que je connaissais du cocktail, même de manière indirecte. Le parfum de l’absinthe ressort bien et se mélange à celui du zeste de citron. Quand au cocktail, il est très bien. Mon premier Sazerac au Japon, et il y en aura bien d’autre je pense.

Le verre finit, il nous faut s’éclipser, parce que l’endroit est tout de même encore moins bon marché que l’on pourrait l’espérer. On se réfugie pas très loin de chez moi dans bar de Maï (le nom du patron). C’est comme ça que l’on me l’a présenté, et je ne suis même pas sur de son vrai nom (au bar). En tout cas c’est une ambiance que j’aime beaucoup, où les vinyles par centaines se mélangent à toutes sortes de décorations bizarres, bibelots excentriques et objets de collections. Autour de nous, les discussions tranquilles des japonais du quartiers, à milles lieux des stéréotypes en mini-jupes, porte-jarretelles apparents et faux-ongles démesurés que l’on croise à Shibuya.